La parole aux diocésains après le confinement

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Comme l’évoquaient les Communications de septembre, vous avez été nombreux à répondre à l’enquête lancée en juin par le diocèse. Merci à tous ceux qui ont participé. Il n’est pas possible de livrer tous les résultats dans cet article. Néanmoins, en voici un avant-goût. Une synthèse plus complète des résultats de l’enquête sera accessible sous peu sur le site du diocèse.

Le confinement a été une rude épreuve marquée par la peur, l’incertitude, l’absence de contacts physiques, la réduction des relations. Un certain nombre regrette le silence des responsables de l’Église et le manque d’intérêt des politiques à l’égard des cultes, souvent vécus comme une blessure. Par contre, manques et restrictions ont permis des (re)découvertes, révélé l’importance du lien social, suscité de nombreux sujets de réflexion, occasionné une prise de conscience des formes multiples de fragilité. Un enjeu majeur a été de maintenir le lien, de favoriser la communication. Beaucoup soulignent la capacité d’adaptation et de résilience. Certains ont profité de ce temps pour revoir leurs priorités et leurs valeurs, pour s’ancrer davantage en Dieu, résolument dans l’espérance.

Les communautés chrétiennes ont mesuré combien l‘action pastorale dépasse la seule liturgie.  De là résonnent bien des appels : mettre davantage en avant le message évangélique, varier les propositions de célébrations et de rencontres ; en toutes choses, donner du sens, toujours mettre l’humain au centre, ne jamais négliger l’écoute. Il ressort également le besoin vital de proximité et singulièrement d’une attention particulière aux situations de solitude et de fragilité. Il importe de se révéler plus créatifs et audacieux pour aller à la rencontre des gens, permettre la joie de se retrouver, promouvoir une vie vraiment communautaire et solidaire.

Ce temps a été l’occasion pour beaucoup de s’approprier les nouvelles technologies et d’en user avec bonheur. Cependant il ne faut pas négliger les victimes de la fracture numérique.

Des questions demeurent, voire ont pris plus d’acuité : décloisonner les communautés, abandonner le mauvais esprit de clocher, sortir de la routine, questionner les habitudes, revisiter les rites, … . Certains insistent sur l’urgence de sortir de la peur et de se remotiver. Des moyens pour redynamiser nos communautés sont évoqués : favoriser des pistes pastorales accessibles, détecter les talents, appeler, responsabiliser, encourager, travailler ensemble, proposer des formations, favoriser et diversifier des lieux de parole.

Des mots reviennent régulièrement : PARTICIPATION, CRÉATIVITÉ, SOLIDARITÉ, PROXIMITÉ et INTÉRIORITÉ. Un fil conducteur ressort : quitter une mentalité qui s’enferme dans ses habitudes pour s’ouvrir ensemble à la nouveauté avec confiance.

Encore une fois merci à tous ceux qui ont participé, aux équipes et groupes qui se sont mobilisés !

Temps de confinement et émergence des charismes

En octobre dernier, le Cardinal de Curie d’origine maltaise, Mario Grech, donnait une interview ( Interview du Cardinal Grech par A. Spadaro sj et S. Sereni, 23/10/2020) sur les conséquences de la pandémie dans la vie de l’Église. Ses propos invitent à poser le regard sur les charismes qui ont émergé et émergent encore à la faveur de ce temps de crise.

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L’année 2020 restera à jamais marquée dans les mémoires. La pandémie a forcé le monde entier à s’arrêter. Pour certains, l’impossibilité de se rassembler pour célébrer l’eucharistie interrompt toute vie d’Église. Dans une interview, le Cardinal Grech, secrétaire général du Synode des Évêques, a invité chacun à s’arrêter un moment et à réfléchir. Pour lui, la crise que nous vivons est, sans doute, une opportunité pour l’Église. 

La fidélité du disciple à Jésus ne peut être compromise par l’absence temporaire de liturgies. « Dans la situation qui a empêché la célébration des sacrements, nous n’avons pas compris qu’il y avait d’autres manières de faire l’expérience de Dieu. » affirme le cardinal.

Un défi se dessine pour l’Église : découvrir une manière nouvelle d’être, de parler et de s’engager qui réponde au besoin d’un service évangélique total pour le monde. Le confinement nous oblige à ouvrir les yeux sur la réalité que nous vivons, dans le monde comme dans nos églises. Comment réapprendre à nous convertir nous-mêmes, comme nous y invite le Pape François ? Comment être plus conscients de cette fraternité universelle fondamentale ?

S’il est indéniable que l’Eucharistie est le sommet et la source de la vie même de l’Église et des fidèles, écouter et célébrer la Parole de Dieu, expérimenter la diaconie sont aussi des chemins sûrs pour réaliser cette conversion pastorale. La meilleure façon de faire l’expérience de l’amour chrétien est le ministère du service. Pendant ce temps de pandémie, nous avons été témoins d’une compassion et d’une solidarité généreuses et renouvelées. La fraction du pain eucharistique et de la Parole ne peut se faire sans rompre le pain avec ceux qui n’en ont pas. La diaconie est une dimension constitutive de l’être de l’Église et de sa mission.

Pendant le confinement, la créativité s’est déployée d’une manière exceptionnelle. Au cœur des unités pastorales et des paroisses, des charismes cachés ont émergé dans les équipes, les familles, ou même chez des personnes apparemment loin des communautés…

Mais qu’est-ce qu’un charisme ? Le Père Christoph Theobald, qui animera la 10ème journée diocésaine à l’automne prochain, précise que c’est à la fois le don qui est fait à quelqu’un et la personne elle-même ! A chacun, l’Esprit-Saint donne librement ce qu’il veut, non pour notre propre gloriole mais pour la croissance de la communauté et de chacun de ses membres. Tout charisme apporte quelque chose de neuf en vue du bien commun. Lorsqu’il déploie l’image du corps, l’apôtre Paul fait comprendre que même les charismes les plus modestes sont importants. Plus que jamais, les pasteurs et les équipes pastorales devront s’atteler à la tâche essentielle de discernement et de reconnaissance des charismes car ils ouvrent des horizons d’espérance !

L’équipe diocésaine du Chantier Paroissial