Des lieux propices à la spiritualité

Amonines (Erezée)

Pour être « favorable », un lieu doit être avant toute chose… ouvert !


Ce point a remporté l’unanimité. Une église fermée est un contre-témoignage, un espace inexploité et coûteux à entretenir, un lieu vide de sens dont seule l’enveloppe fait sens : on reconnait ainsi le village à son clocher. La crainte du vol et des dépravations n’est pas un argument majeur : on peut ôter les objets de valeur, accepter de courir un certain risque (le jeu en vaut la chandelle), assurer une certaine présence. En effet, qu’ils soient prêtre, assistante paroissiale, fidèle… celles ou ceux qui fréquentent « leur » église en dehors des célébrations, témoignent de plusieurs fruits qui en découlent : une présence qui « habite » et « veille » ce lieu, une occasion de parler avec les gens qui y entrent, un temps bienvenu d’intercéder et de prier en présence du Seigneur.

Les idées pour rendre l’église plus accueillante ne manquent pas :

  • Bougies « à allumer », disponibles pour accompagner la prière,
  • Fleurs et éléments décoratifs empreints de vie et de joie,
  • Plantes disposées entre certaines chaises espacées en raison des règles sanitaires,
  • Chaises disposées en (demi-)cercles autour de l’autel, avec un stock de chaises disponibles sur le côté pour les funérailles et les mariages,
  • Coin bibliothèque, spirituelle et familiale ; table avec des dessins à colorier…,
  • Coin de prière (lectures du jour, saint du jour, petits pains de la Parole, bougie allumée…),
  • Panneaux sur pieds avec des traces de ce que les enfants ont fait au catéchisme ou de ce qui s’est vécu en communauté,
  • Musique de fond…ou non. Les deux solutions ont des avantages et des inconvénients,
  • Des petites bouteilles d’eau (en période caniculaire, dans les petites églises où les marcheurs s’arrêtent)

Ce serait bien si dans chaque doyenné, une église était notoirement connue pour être ouverte tout le temps et que l’on s’arrangeait pour qu’il y ait la plupart du temps une présence de chrétiens, disponibles et accueillants. Avec une église ouverte par Secteur /Unité Pastorale au moins.

Nos églises sont attirantes par leurs vitraux, leurs meubles… Si elles ne le sont guère, un petit nettoyage de printemps, un coude-à-coude des paroissiens peut contribuer à améliorer les choses sans grands frais tout en resserrant les liens fraternels.

Il y a une question fondamentale que nous devons tous nous poser :
Sommes-nous assez soucieux/soucieuses de l’avenir de nos églises ? De plus en plus de demandes de désaffectations de lieux de culte parviennent à l’évêché. Les communes rechignent à « payer pour autant d’églises », qui « ne servent à rien ». Certaines ont bâti des projets bien ficelés et qui présentent de l’intérêt pour tous les citoyens. Qu’avons-nous à présenter en contrepartie ? Qu’avons-nous rêvé et mis en place ?

Demande de la part d’un prêtre :
Une réflexion plus large, au niveau diocésain, partagée entre prêtres, sur l’avenir de nos lieux de culte. Cette demande a éveillé une réaction partagée par tous : Pourquoi ne pas étendre cette réflexion à un public plus large puisqu’au fond, tout le monde est partie prenante (même les non-pratiquants, si on va jusqu’au bout de l’idée).

Des idées suggérées concernant des lieux de ressourcement :

  • Mise en valeur des petites chapelles, sanctuaires, calvaires, potales (à rafraîchir, réparer, réhabiliter, rendre vivants en y célébrant…).
  • Chemin de croix-promenade à travers les bois, chaque participant y allant comme marcheur ou pèlerin, selon son choix.
  • Vivre certaines célébrations en faisant une tournante (pour les messes de semaine, le Chemin de croix, …) et en privilégiant les petites églises pour certaines choses (si elles chauffent vite, les utiliser pour le catéchisme, une réunion de prière, etc.). Bref, réfléchir aux atouts d’un lieu pour le mettre en valeur et lui donner sens et vie.
  • « Boites aux livres » ouvertes aux passants, gratuitement, devant l’église. Comme on en voit fleurir un peu partout. Mais cette fois, ce serait sur des thèmes de spiritualité, de philosophie, de prière, de théologie, BD chrétiennes… Une bibliothèque couverte à l’extérieur de l’église.
  • Le presbytère peut devenir lui aussi un lieu où on renoue avec l’hospitalité et la rencontre.
  • Un café-chrétien (projet plus vaste et spécifique, mais pourquoi pas ?)
  • Un oratoire (petite chapelle) à maintenir ou à créer dans des lieux tels que les hôpitaux, les homes, les écoles. C’est un fait que les grandes chapelles disparaissent les unes après les autres pour des raisons souvent compréhensibles mais un lieu de spiritualité sobre, simple, intime est une réponse non négligeable aux problèmes de l’espace, des vols, tout en prenant soin du besoin de spiritualité et de calme des habitants du lieu.
  • Lors de festivités dans un village, certains ont eu l’idée de proposer une « tente de prière », un peu à l’écart, qui a été aménagée spécialement pour l’occasion.

Quel bonheur de vous annoncer que cet article n’est point clôturé, cette réflexion à peine ébauchée. Joignez-vous aux chercheurs que nous sommes pour inventer l’aujourd’hui où déjà Jésus nous précède !

Bonne nouvelle à partager !