Unités pastorales et tourisme

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Julien Thiry est membre de l’équipe Chantier du secteur pastoral de Barvaux. En charge de la dimension du tourisme dans son secteur, Julien relève quelques priorités qui peuvent inspirer d’autres unités pastorales, notamment lors du choix des orientations prioritaires.

Un premier constat : dans nos régions touristiques, il y a des visiteurs dans nos églises, phénomène inverse de ce que l’on a l’habitude de voir. Alors que, bien souvent, lorsque nous organisons en Eglise quelque chose, on cherche comment attirer les gens, les touristes, eux, sont là ! Ils viennent à nous. Attention, puisqu’ils viennent à nous, on pourrait avoir tendance à rester dans nos églises. Or il est fondamental que nous sortions, que nous allions aux périphéries comme le rappelle sans cesse le Pape François.

Cette synergie entre les visiteurs qui arrivent et nous qui sortons demande une rencontre ! Et pour qu’il y ait rencontre, il faut se connaître. Qui sont ces visiteurs ? Nous intéressons-nous à eux, pour savoir qui ils sont ? D’où ils viennent ? Soyons attentifs et accueillants.  Par exemple, en prévoyant des traductions, ou mieux en sachant dire un petit mot dans leur langue. Un bel accueil aussi si nous prévoyons un thermos de café, quelques gobelets… dans le fond de l’église.

Voilà donc un deuxième aspect : nos églises sont-elles ouvertes ?  C’est essentiel, même si cela demande un gros travail préparatoire : inventaire, sécurité, … Mais d’abord et surtout une présence, essentielle pour qu’une vraie rencontre se vive !

Dans l’histoire, l’église est lieu d’accueil, d’abri et de refuge même. Or elle est devenue lieu de la seule communauté chrétienne… Parfois même il est difficile pour certains chrétiens de laisser la place à d’autres. Ailleurs, les églises accueillent par exemple en été des étudiants en blocus. Aux équipes pastorales de prendre l’initiative, de proposer des formules nouvelles…  Comment impliquer la communauté chrétienne dans ce chemin ? En créant des liens, elle va s’enrichir !

Que va-t-on proposer aux visiteurs ? Prévoit-on de la musique ? Mettra-t-on l’accent sur telle ou telle statue, tel détail architectural ? L’aspect patrimonial, les œuvres d’art, l’architecture sont autant de domaines qui permettent de faire intervenir d’autres personnes et de mettre en place des petites collaborations. Par exemple, la commune de Barvaux souhaitait organiser des ‘randonnailles’ : les visites d’églises pouvaient s’inscrire dans le projet, et une synergie entre différents acteurs (commune, cercles historiques locaux, initiatives locales même privées…) était nécessaire.  On pourra aussi nouer des contacts et travailler avec le secteur touristique, l’Horeca, le Cipar… chacun avec ses spécificités.

D’autres questions se posent aussi : les seconds résidents, et par ailleurs des ‘nouveaux résidents’ dans nombre de campings dans nos deux provinces avec une paupérisation certaine. Comment les rejoindre ? Comment leur proposer quelque chose chez eux d’abord ? De nombreux défis devant nous !

Julien Thiry

Un an de pandémie dans l’Unité Pastorale Manhay – Saint-François

Voilà presque un an que nos vies sont chamboulées par la crise sanitaire. Nous avons dû réinventer notre façon de vivre. Nos relations sont changées et nous devons également être inventifs pour garder le contact avec ceux que nous aimons. Vous l’avez remarqué, la vie pastorale a été rudement touchée pour les mesures sanitaires : suspension des offices avec assemblée, arrêt des visites à domicile, mise sur pause des catéchismes et autres activités paroissiales, etc.

Après une dizaine de jours d’arrêt, l’unité pastorale « Manhay – Saint-François » a entamé une profonde réflexion. Comment rejoindre nos paroissiens qui sont à domicile ?

Nous disposons de réseaux de communication : page facebook et site internet. Cela est une évidence, nous devons les utiliser car c’est le seul moyen de rejoindre une petite partie de nos paroissiens. L’équipe pastorale commence par la diffusion des messes dominicales et de fêtes.  A notre grande surprise, il y a une réponse positive des paroissiens connectés. Félicitations, soutiens et encouragements nous parviennent afin de continuer cette présence virtuelle. Nous touchons un nouveau public, des personnes plus éloignées de l’Eglise. Un noyau se constitue pour porter la prière de tous ceux qui ne peuvent être présents.

Très vite, les mesures sont prolongées. Nous souhaitons continuer notre présence et la rendre plus visible. Dans le respect des réglementations, un groupe de quelques choristes et musiciens de l’unité pastorale se met en place grâce à l’initiative d’une jeune musicienne. L’objectif : apporter de la chaleur et du réconfort grâce à la musique. Enregistrements musicaux, capsules vidéo sont réalisés et diffusés sur le web.

Malheureusement, les chiffres de contamination ne sont pas bons. Entre les assemblées restreintes et les nouvelles suspensions des offices, nous sommes invités à devoir continuer notre présence virtuelle. Nous célébrons les grandes fêtes de l’Eglise confinés. Semaine Sainte, Pâques, Toussaint, Noël sont célébrés à huis-clos. L’équipe pastorale met alors en place plusieurs projets afin de marquer, de manière visible, ces grandes fêtes dans les villages de l’unité pastorale. A Pâques, chaque porte extérieure des églises a été décorée abondamment de fleurs et nous avons invité les paroissiens à déposer des bougies sur le seuil de leur maison. A Noël, une balade des crèches a été organisée. Près de 50 villageois ont exposé une crèche devant chez eux. Un calendrier de l’Avent 2.0 a été mis sur pied. Chaque jour, une musique, un chant, un conte a été publié pour nous préparer à la fête de la Nativité. D’autres activités ont été réalisées pour maintenir le contact. On ne saurait pas toutes les citer.

Cette crise nous rappelle combien nous sommes des êtres relationnels. Derrière ces initiatives « virtuelles », nous sommes conscients que beaucoup de personnes n’ont pas accès aux médias sociaux et à internet. Ils restent privés de ce lien avec l’Eglise locale. Coup de téléphone, courte visite (dans le respect des mesures sanitaires) sont organisés. Mais cela reste faible … Cette coupure nous fait prendre conscience que la Foi est une grâce qui se vit essentiellement ensemble et non individuellement. Nous espérons, très vite, pouvoir célébrer dans nos églises, lieux de rencontres et de communions.

Thomas EHLEN,

membre de l’E.A.P. de l’unité pastorale « Manhay – Saint-François »

La journée diocésaine reportée

A vos agendas !

La journée diocésaine, prévue le 20 mars, est reportée au samedi 25 septembre.

Le Père Christoph Theobald nous accompagnera et nous fera réfléchir sur le thème :

S’asseoir, discerner… pour une conversion missionnaire

Temps de confinement et émergence des charismes

En octobre dernier, le Cardinal de Curie d’origine maltaise, Mario Grech, donnait une interview ( Interview du Cardinal Grech par A. Spadaro sj et S. Sereni, 23/10/2020) sur les conséquences de la pandémie dans la vie de l’Église. Ses propos invitent à poser le regard sur les charismes qui ont émergé et émergent encore à la faveur de ce temps de crise.

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L’année 2020 restera à jamais marquée dans les mémoires. La pandémie a forcé le monde entier à s’arrêter. Pour certains, l’impossibilité de se rassembler pour célébrer l’eucharistie interrompt toute vie d’Église. Dans une interview, le Cardinal Grech, secrétaire général du Synode des Évêques, a invité chacun à s’arrêter un moment et à réfléchir. Pour lui, la crise que nous vivons est, sans doute, une opportunité pour l’Église. 

La fidélité du disciple à Jésus ne peut être compromise par l’absence temporaire de liturgies. « Dans la situation qui a empêché la célébration des sacrements, nous n’avons pas compris qu’il y avait d’autres manières de faire l’expérience de Dieu. » affirme le cardinal.

Un défi se dessine pour l’Église : découvrir une manière nouvelle d’être, de parler et de s’engager qui réponde au besoin d’un service évangélique total pour le monde. Le confinement nous oblige à ouvrir les yeux sur la réalité que nous vivons, dans le monde comme dans nos églises. Comment réapprendre à nous convertir nous-mêmes, comme nous y invite le Pape François ? Comment être plus conscients de cette fraternité universelle fondamentale ?

S’il est indéniable que l’Eucharistie est le sommet et la source de la vie même de l’Église et des fidèles, écouter et célébrer la Parole de Dieu, expérimenter la diaconie sont aussi des chemins sûrs pour réaliser cette conversion pastorale. La meilleure façon de faire l’expérience de l’amour chrétien est le ministère du service. Pendant ce temps de pandémie, nous avons été témoins d’une compassion et d’une solidarité généreuses et renouvelées. La fraction du pain eucharistique et de la Parole ne peut se faire sans rompre le pain avec ceux qui n’en ont pas. La diaconie est une dimension constitutive de l’être de l’Église et de sa mission.

Pendant le confinement, la créativité s’est déployée d’une manière exceptionnelle. Au cœur des unités pastorales et des paroisses, des charismes cachés ont émergé dans les équipes, les familles, ou même chez des personnes apparemment loin des communautés…

Mais qu’est-ce qu’un charisme ? Le Père Christoph Theobald, qui animera la 10ème journée diocésaine à l’automne prochain, précise que c’est à la fois le don qui est fait à quelqu’un et la personne elle-même ! A chacun, l’Esprit-Saint donne librement ce qu’il veut, non pour notre propre gloriole mais pour la croissance de la communauté et de chacun de ses membres. Tout charisme apporte quelque chose de neuf en vue du bien commun. Lorsqu’il déploie l’image du corps, l’apôtre Paul fait comprendre que même les charismes les plus modestes sont importants. Plus que jamais, les pasteurs et les équipes pastorales devront s’atteler à la tâche essentielle de discernement et de reconnaissance des charismes car ils ouvrent des horizons d’espérance !

L’équipe diocésaine du Chantier Paroissial

Sur les chemins les plus retirés, kit d’explorateur et doses de patience dans le panier !

De nombreuse initiatives personnelles et communautaires fleurissent un peu partout, contagieuses ou isolées, souvent très discrètes mais toujours à caractère unique. Des nouvelles formules, tâtonnantes, invitent instamment chaque chrétien à mettre son tablier, à changer de regard et de comportement afin de se rendre proche et de s’adapter à la situation. Cap sur la fraternité et sur une autre manière de pratiquer, de communier ! La Patience (sainte pour sûr) s’impose plus qu’à son tour avec ses sœurs Persévérance et Fidélité car cette année, nombre d’initiatives semblent avoir eu peu d’impact, révélant toujours davantage les disfonctionnements, les limites humaines et la nécessité d’y remédier ensemble. Sans compter qu’un défi de taille nous interpelle sourdement : comment rejoindre les « démunis » dont la capacité motrice, le matériel technologique, les moyens de vivre manquent ? Parlons-en ! Voici 3 idées déposées sur la table pour tenter l’aventure :

Quelques tablettes tournantes, décomplexifiées de la multitude d’utilisations possibles pour n’être chargées de transmettre hors connexion que quelques messages bien précis : par exemple, le film d’une célébration particulière ou d’un concert de Noël des enfants de l’école, un message bienveillant et une bénédiction du curé, une prière partagée, un chant, une photo,… Chaque tablette est accompagnée d’une fiche pédagogique, bien pratique en cas de confinement total ou de difficulté rencontrée par l’utilisateur/trice. Ce tutoriel ne diminue en rien l’intérêt de la présence d’une personne de référence, surtout au début de la découverte de cette manière de communiquer. Ci-dessous, un exemple de tutoriel (présenté en PDF mais n’hésitez pas à nous demander la version Word pour la retravailler).

Une autre idée serait de proposer à tout qui veut de s’inscrire sur une liste spéciale, bien cadrée, n’engageant à aucune réunion ni obligation, ayant pour seul but de faire connaitre rapidement et au plus grand nombre de volontaires une situation exceptionnelle qui se présenterait inopinément. Appel très concret et ponctuel que rencontre chaque UP, secteur ou paroisse. Souvent, quelques personnes officiellement nommées ou naturellement connues pour leur serviabilité et leur savoir-faire interviennent, les informations circulant par téléphone, mail ou de bouche à oreille, certaines bonnes âmes étant plusieurs fois sollicitées alors que d’autres regrettent de n’avoir pas été mises au courant. Que ce soit pour un déménagement difficile, des manques dramatiques à pourvoir, des préparatifs ou collecte d’objets précis pour un projet pastoral… ces gestes fraternels intéressent un public plus large que le cercle des pratiquants réguliers.

Une troisième idée consiste à répandre plus largement et à organiser de manière plus pratique et sécurisée l’expansion de la Flamme de Bethléem l’année prochaine, signe symbolique qui a prouvé plus que jamais l’incroyable puissance d’ambassadrice universelle qu’elle détient. C’est particulièrement vrai lorsqu’on la partage systématiquement, voire courageusement, à ses voisins de tout bord, de tout âge, de toute origine ; on découvre combien chaque contact est porteur de bonne nouvelle, de joie, d’émotion. En outre, voilà – enfin- un signe d’espérance très accessible à chacun, avec pour seul don requis celui de l’amour du prochain.

Sans tarder, souhaitons-nous une année 2021 encore plus riche d’amour et d’initiatives !

N’hésitez pas à prendre contact !

Bien à vous, par le Christ,

Un coup de pouce pour vous lancer dans l’aventure du numérique ?

Cet article peut vous être utile ! Largement inspiré d’un outil proposé par le diocèse de Liège, mis à la disposition des équipes pastorales et d’un public plus large, il peut vous aider à faire un choix parmi les nombreuses applications et tutoriels accessibles.

Quelques objectifs à la portée du commun des mortels :

Organiser des visioconférences. Parmi les nombreuses solutions, nous vous suggérons Jitsi. Logiciel gratuit, il ne nécessite ni inscription ni installation ; il suffit d’avoir un navigateur internet (google, firefox, edge, opera,…). Sachez qu’il vous propose d’installer l’application sur votre ordinateur ou de devenir client par abonnement mais ce n’est toutefois pas nécessaire : vous pouvez lancer une réunion immédiatement, en suivant la procédure et en envoyant simplement le lien de la réunion à vos contacts (par mails). Autre suggestion : l’abonnement Zoom (comptez entre 10 et 17 euros par mois selon le choix) qui permet une qualité de transmission supérieure. Une seule personne doit être abonnée mais devient nécessairement celle qui invite lors des réunions (ce n’est pas transmissible). Une version gratuite existe aussi, bien entendu. Google propose Meet, mais dans la version gratuite, tous les invités doivent avoir un compte gmail.com (ce qui restreint peut-être les invités possibles). Bref. Il y a du bon et du moins bon partout, mais tous ne cessent de s’améliorer et proposent des petites variantes qui ont l’heur de plaire selon les goûts. Il faut donc se jeter à l’eau et être patient… d’autant qu’à certains moments d’affluence, il peut y avoir « encombrement ». Dernière chose, un application pour tablettes et smartphones existe, permettant à ceux qui n’ont pas d’ordinateur de participer aussi à la réunion. Qu’on se le dise !

Réaliser un montage audio. Vous désirez faire un enregistrement vocal qui comporterait un fond sonore ? Audacity, par exemple, est un enregistreur et éditeur sonore simple et performant.

Réaliser un montage vidéo. Le tutoriel Openshot vous permet d’insérer des vidéos, images et sons sur différentes pistes ; de créer des enchaînements, d’ajouter des effets de transition.

Convertir une vidéo dans différents formats et « alléger » son poids. L’application Handbrake vous sera très utile. Elle permet aussi de réaliser des sauvegardes à partir de vos DVD.

Diffuser des vidéos. Les deux canaux principaux sont You Tube et Facebook. Ces deux plateformes nécessitent d’avoir un compte pour pouvoir être utilisées. Ne perdez cependant pas de vue que de s’inscrire sur une plateforme n’implique pas nécessairement d’y être assidu et de s’y étaler. Seules quelques informations sont requises et vous pouvez signifier d’emblée à vos futurs visiteurs que vous l’utilisez pour raison purement pratique et professionnelle. Concrètement, vous avez le choix de diffuser vos vidéos en direct ou par vidéo enregistrée ; en vision privée (seulement accessible sur invitations) ou en vision publique… ou même programmer la diffusion à une date ultérieure.

Partager des fichiers volumineux. Pour partager des fichiers volumineux (vidéos, programmes, photos…) les pièces jointes de courriels ne suffisent pas. Swisstransfer.com/fr ou wetransfer.com permettent de transférer gratuitement jusqu’à 50 Go. Là aussi, vous pouvez ouvrir un compte à votre nom (plus rapide si vous le faites régulièrement) mais vous pouvez tout aussi bien envoyer directement votre fichier volumineux à l’adresse mail de votre choix.

Assistance technique à distance. Merveille de la technologie, quelqu’un peut vous aider à distance, avec votre accord, en pilotant votre ordinateur. AnyDesk (solution pratique et entièrement gratuite pour les utilisateurs privés), TeamViewer (logiciel payant), DWService (gratuit) sont recommandables.

Conseils pratiques :

  • Si vous le pouvez, privilégiez toujours l’audio à l’image (il est plus important de bien entendre).
  • Pour avoir une belle vidéo, la priorité est d’avoir une belle lumière (et non la qualité de la caméra) > éviter le contre-jour (conseils sur https://cutt.ly/5gNUK6l )
  • Faites appel aux jeunes de vos UP ; ils seront fiers de vous aider !
  • Le diocèse de Liège propose, pendant le temps du confinement, une adresse mail où des personnes-ressource sont accessibles en cas de problème. Peut-être avez-vous quelques notions et connaissances à mettre à la disposition des « défavorisés de l’Internet ? » Mais non ! Que dis-je !?! En vrai, cela n’existe pas ! C’est comme pour le permis de conduire : il faut s’y mettre, apprendre, s’entraîner… avec la chance en plus de pouvoir s’entraîner sans risquer l’accident 😉 Courage ! Le jeu en vaut la chandelle !

Des communautés ‘incarnées’ et missionnaires

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L’Église est communion de communautés de croyants dispersées dans les cinq continents. Tout y est enjeu de relations : relation à Dieu par le Christ dans l’Esprit-Saint, relations de ceux qui partagent une même foi, relations entre les croyants et leur environnement. Sans doute, la fécondité d’une communauté chrétienne se mesure-t-elle à la qualité évangélique des relations vécues quelles qu’elles soient.

Il est capital de soigner tout particulièrement le tissu relationnel entre les disciples du Christ, non seulement pour le bien de ceux-ci, mais aussi pour garantir leur tonus missionnaire. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’ils reconnaîtront que vous êtes mes disciples » (Jean 13-35). La crédibilité du témoignage en dépend très largement.

Animer des communautés pour promouvoir la croissance de leur vécu évangélique a de quoi pomper toute l’énergie des acteurs pastoraux. Pourtant, une communauté ne peut se contenter de fonctionner même si c’est de belle manière. Le pape François insiste sur le danger pour l’Église d’être autoréférentielle et rappelle que tout chrétien est appelé à être toujours davantage disciple-missionnaire. C’est pourquoi, le Chantier Paroissial attire l’attention sur le milieu dans lequel les communautés sont insérées. Il ne s’agit pas d’une simple stratégie pastorale mais bel et bien d’une implication directe de la nature missionnaire de toute communauté de foi.

Nous sommes appelés à témoigner d’un Dieu qui s’est incarné, qui est venu converser avec les hommes, qui a rejoint la condition humaine dans toute son épaisseur pour l’habiter de l’intérieur. Pour ce faire, les communautés d’aujourd’hui doivent porter une grande attention au réel humain dans lequel elles sont insérées, en mesurer les enjeux et en saisir les défis pour l’annonce de l’Evangile.

Dans sa pédagogie, le processus de mise en place des unités pastorales, réalisé avec les équipes locales, consacre une première étape du travail à regarder avec attention la réalité humaine des villes, villages et quartiers qui hébergent les communautés. Il s’agit d’un processus d’appropriation de son environnement et de discernement des priorités pastorales pour bâtir, là où elle vit, une Eglise authentiquement missionnaire. Ce travail enraciné dans la Parole de Dieu et incarné dans l’expérience humaine, ici et maintenant, sera le socle de la dynamique missionnaire que déploiera la future Unité Pastorale.

L’équipe diocésaine du Chantier Paroissial

Des signes visibles pour éclairer l’invisible…

De belles initiatives émergent et prennent forme. Pensons à les faire connaitre autour de nous, à nous en inspirer peut-être pour les adapter aux réalités et à la créativité qui sont nôtres.

Dans les villages de
MANHAY

La Flamme de Bethléem dans les foyers de vos paroisses ?

​La Lumière de la Paix ou Flamme de Bethléem est un événement chrétien instauré par les guides et les scouts, se déroulant chaque année depuis 1983 pendant la période de l’Avent. Allumée dans la grotte de la nativité à Bethléem, la lumière est rapportée à Linz en Autriche, puis transmise de main en main – ou devrions-nous dire de mèche-en-mèche – partout en Europe et dans le monde. Elle constitue un symbole de paix et de fraternité, que l’on peut recevoir et diffuser. Chacun peut participer à la transmission de la Lumière de la Paix de Bethléem, qu’il soit scout ou non.

​Cette flamme de la paix arrivera le dimanche 13 décembre à l’église Saint-François de Louvain-la-Neuve. Initialement, une célébration était prévue de 20h30 à 21h30 mais elle ne pourra vraisemblablement pas avoir lieu. Cependant, la flamme reste accessible. En la ramenant chez vous et en invitant largement tout qui veut, elle peut devenir un signe fort de lumière, de paix, d’espérance et de fraternité.  N’hésitez pas à la partager aussi à vos voisins, avec les personnes seules de votre entourage… 

Sur son site, BEAUVECHAIN a proposé cette prière pour l’accompagner :

Parle Seigneur ! Ta parole éclaire nos vies.

Elle nous accompagne dans la joie, la paix et l’espérance.

     Elle nous réconforte dans les moments de fatigue,

    de découragement et de doute.

    Brille Seigneur ! Ta lumière nous entoure,

     nous fortifie, nous donne la joie d’espérer.

    Merci, Seigneur, pour cette flamme de Bethléem.

    Qu’elle illumine nos yeux et ouvre nos cœurs !

    Qu’elle éclaire et rende merveilleux tous les visages du monde !

    Écoute Seigneur !

    Ton chemin soutient notre joie dans cette attente.

    Guide-nous, sur le chemin de lumière.

    Attise en nous le feu de ton amour

    pour garder le lien avec les personnes rencontrées.

                                                                      Amen.


    

À l’approche de Noël,

qu’est-ce que je peux donner autour de moi ?

Pense-bête de choses à (pouvoir) faire dans les jours à venir :

  • Faire sonner les cloches des églises le dimanche à 10 heures pour marquer le jour du Seigneur
  • Me promener en portant une attention particulière aux gens que je croise
  • Donner régulièrement un coup de fil ; élargir mon cercle de contacts
  • Proposer un Bulletin paroissial plus fourni ; afficher messages et initiatives sur les portes des églises
  • Prier davantage ; me joindre aux belles et nombreuses initiatives qui émergent ; concrétiser ma commune-union fraternelle.
  • Etre attentif, ouvert et généreux aux occasions d’encourager et d’apporter mon aide et mon soutien. Elargir le cercle habituel de ceux que je considère comme mes proches
  • Ouvrir l’église, soigner et concrétiser l’accueil ; faire évoluer une décoration signifiante ; prévoir une présence humaine, un temps d’adoration …
  • Proposer une visite explicative ou méditative de l’église, sur dépliant ou panneaux
  • Envoyer aux enfants et familles des pistes catéchétiques, des petits projets…
  • Me tenir au courant et informer autour de moi des nombreuses initiatives qui existent
  • Organiser des réunions par visioconférence ; chercher des personnes-ressources pour m’aider si besoin est. Affronter mes réticences ; détecter et rejeter les excuses bidon auxquelles je m’accroche. Faire un pas de plus dans les technologies nouvelles…
  • Développer le site, surtout la page d’accueil ; en créer un. Prendre le taureau internet par le clavier
  • Connaître, encourager et relayer les actions de la diaconie et des différentes équipes qui œuvrent sur le terrain
  • Prévoir un message quotidien ou hebdomadaire et diversifier le moyen de le faire parvenir
  • Proposer aux paroissiens un signe d’espérance visible chez eux (devant leur maison, à la fenêtre…) : affiche, crèche, lumière, …
  • Apporter un signe ou message à accrocher au sapin de l’église, près de la crèche ; proposer que les habitants viennent déposer un Santon de Noël dans une crèche provençale ouverte au tout-public
  • Faire participer les familles, habitants, paroissiens (photo de la crèche domestique, message, mini-vidéo, dessin) à rassembler en expo, sur une page spéciale du site, en livret. Proposer éventuellement sous forme de jeu-concours, de but de balade…
  • Elaborer un Parcours de crèches (thématiques) de Noël à l’intérieur/extérieur des églises
  • Aller chercher la flamme de la Paix qui vient de Bethléem pour la transmettre à nos églises puis à nos foyers (à Louvain-la-Neuve, église Saint-François, à partir du 14 décembre)
  • Développer l’action Vivre Ensemble : « Pas de sécurité sans solidarité »
  • Enregistrer chaque semaine un chant de la chorale (restreinte), un morceau d’orgue, un message audio du curé… à poster sur le site (du secteur, UP, doyenné, commune, egliseinfo.be…)
  • Organiser une « chaîne de vœux » ou des vœux à faire parvenir dans les homes, les prisons…
  • Renouer avec les chorales de Noël en extérieur, avec braséro ; proposer un lien ou un CD, vidéo Spécial Noël 2020
  • Prévoir une certaine « multiplication » des offices liés à l’Avent et à Noël ; célébrations diversifiées et localisées dans différents lieux, animés par différentes personnes, pour petits groupes d’âges et d’intérêts spécifiques… Prévoir éventuellement un système d’inscription, de retransmission…
  • Partager les idées, les initiatives que je vois autour de moi ou dont je suis acteur, si modestes soient-elles, et être moi aussi maillon de transmission d’aujourd’hui.
  • Bon courage à chacun et à chacune ! A votre écoute, l’équipe du Chantier Paroissial 🙂

Des moyens matériels pour la mission

Tous conviendront que la mission de l’Église est d’abord spirituelle. Une lecture superficielle des évangiles donnerait à penser que la pauvreté est valorisée pour elle-même et que l’envoi en mission exige le total dénuement. Si nous en restons-là, il nous faut vendre les couvents, les bâtiments, les ordinateurs et le matériel de bureau utilisés au quotidien par les acteurs pastoraux. En outre, il faut informer l’Etat et les communes qu’ils n’ont plus à intervenir dans le financement du culte catholique.

Sans nier les vocations spécifiques à vivre une pauvreté radicale, les exégètes proposeront d’autres lectures. D’une part, le Nazaréen nous invite à cultiver un juste rapport aux biens matériels. D’autre part, le mystère de l’Incarnation lui-même nous éclaire à ce sujet. En effet, le Fils de Dieu s’est incarné dans une culture particulière. Pour annoncer la Bonne Nouvelle, il a utilisé la langue de ses auditeurs et leurs réalités ont inspiré ses paraboles. Il a usé de barques tantôt comme moyen de transport tantôt comme porte-voix. Les filets des pêcheurs, des jarres de pierre, quelques pains lui ont permis de réaliser des signes au service de la foi.

C’est pourquoi, il est temps de quitter le malaise qui habitent bon nombre de responsables d’Église lorsqu’il s’agit d’argent et de moyens matériels. Tout comme l’évangélisation ne peut se vivre autrement que de manière évangélique, dans la question qui nous occupe, l’Evangile reste la boussole. Cependant, si nous voulons annoncer la Parole du Christ au plus grand nombre, il nous faut l’incarner dans la culture contemporaine et utiliser ses langages. Et cela ne peut se faire sans un minimum de moyens.

Une autre difficulté est inhérente à la réalité belge. Le financement des cultes par l’Etat nous est précieux à plus d’un titre mais il a deux effets pervers. Le premier, c’est de désintéresser bon nombre de croyants des ressources matérielles de leur Eglise. Or, des pans entiers de la pastorale échappent au financement public. Le second, c’est de ne pas envisager les questions matérielles avec suffisamment de perspective et attendre que la « manne tombe du ciel ». Or, si nous voulons être en mesure de relever le défi missionnaire, notre Église doit s’en donner les moyens y compris matériels. Pour cela, il faudra faire preuve de créativité.