Urgences Pastorales

Sur le pas de la porte du Temps de l’été -parfois synonyme de vacances ou de retraite mais toujours vecteur de changement de rythme et d’habitudes-, remués par les derniers mois qui nous ont lancé sur de nouveaux sentiers et de nouvelles réflexions pluri-thématiques, nous pourrions profiter de cette occasion annuelle pour nous plonger dans l’ouvrage emblématique de Christoph Théobald … ou nous inspirer d’un travail qu’ont réalisé trois dames du Chantier, réunies par leur désir d’approfondir ensemble cette réflexion de fond et d’en faire un « résumé » plus accessible pour une relecture, une remise en questions et un partage. Un tel travail est par définition limité mais peut s’avérer être un tremplin bénéfique à toutes sortes de ressorts dont vous aurez peut-être la clé, tant il est vrai que l’Esprit saint ne cesse de nous surprendre et de nous entraîner sur des chemins inimaginables… ! Bonne lecture et Bonnes vacances ! Au plaisir de vous lire et de partager…

Nos mains pour bâtir demain !

Les statistiques sont encourageantes. Il y a de moins en moins d’hospitalisation pour Covid 19 et les services de nos hôpitaux se vident progressivement. Bien sûr, les experts de l’OMS nous rappellent les exigences de prudence. Mais, en définitive, les nouvelles sont bonnes et tant mieux !

A l’entrée de nos villes, les bouchons se mettent de nouveau en place tous les matins ; des enfants s’ébattent dans les cours de récréation de nos écoles et les terrasses des cafés se remplissent de clients rieurs. Les touristes sont de retour dans notre belle région à la grande satisfaction du commerce qui craignait de finir exsangue. S’il n’y avait les masques, le gel et la distanciation, à s’y méprendre, on croirait que tout est redevenu comme avant.

Faut-il que tout redevienne comme avant ? Le « monde d’après » sera-t-il un copier-coller de celui d’avant ? N’avons-nous rien à retenir de ces mois de confinement ? Et si nous saisissions cette expérience inédite pour laisser venir quelques interrogations de fond ? Si nous en profitions pour réviser notre hiérarchie de valeurs et envisager quelques ajustements heureux de notre mode de vie.

Au sujet du temps, est-il inévitable de se laisser réenvahir par un rythme effréné avec son corollaire de stress permanent ? En ce qui concerne l’espace, ne serait-il pas heureux d’envisager notre mobilité autrement ? Quant à nos relations, allons-nous continuer à en prendre grand soin comme durant ces dernières semaines ? Et cette planète qui nous héberge, n’avons-nous pas à la respecter en optant pour des modes de consommation plus réfléchis et un style de vie plus sobre ? Quant à notre vie spirituelle, osons la déployer pour qu’elle féconde toutes les autres dimensions. Sans nul doute, de telles décisions seront favorables à une croissance … mais globale celle-là ! Faisons preuve d’audace, mettons les mains à la pâte pour bâtir demain autrement.

« Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». (Marc 1)

De la hauteur, du recul… que diable !

Quelle joie de pouvoir retrouver ceux qu’on aime après ces longues semaines de confinement complet ! Nous avons tous mesuré l’importance vitale de nos relations. Elles nous sont tout aussi nécessaires que la nourriture, la boisson, le vêtement et le gîte. Heureusement, nous avons pu compter sur l’assistance précieuse des nouveaux moyens de communication. Si le téléphone permet depuis longtemps de tenir conversation, les écrans nous offrent la possibilité de nous voir au-delà de la distance. Grâce aux réseaux sociaux, de belles initiatives de solidarité en tous genres se sont mises en place.

Parmi les caractéristiques de la communication moderne, nous retiendrons qu’elle réduit et l’espace et le temps. En un instant, je peux envoyer une information dans le monde entier. Quel prodige ! Cette « immédiateté mondialisée » n’est pas sans conséquences. En effet, elle exige une réaction ultra rapide qui repose le plus souvent sur l’émotionnel voire l’exalte. Or nous le savons, si l’émotion est un puissant ressort pour l’action, elle est facilement désordonnée et excessive.

Si nous ne pouvons que saluer la mobilisation contre le racisme de ces derniers jours, il nous faut regretter les excès en tous genres auxquels nous assistons. Intelligence et sagesse sont en berne. Des quidams s’improvisent défenseurs de la moralité et redresseurs de torts au mépris d’une élémentaire réflexion historique. Journalistes et politiques, beaucoup y vont de leurs commentaires à l’emporte-pièce ou de leurs décisions précipitées.

N’est-il pas temps de revenir à la raison, de prendre du recul et un peu de hauteur ? L’enjeu est moins de déboulonner des statues que d’agir, ici et maintenant, pour bâtir ce monde où le racisme n’aura plus sa place. Il est temps, pour chacun, de balayer devant sa porte et de prendre conscience que nos comportements de consommateurs effrénés condamnent une partie considérable de la population mondiale à la misère, au travail des enfants… bref, à une vie indigne. Alors, arrêtons-nous quelques instants et réfléchissons à ce que nous pouvons changer dans nos comportements quotidiens afin de contribuer à plus d’équité.

« Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? » (Luc 6)

Abbé Pascal ROGER

Ça ZOOM pour les responsables de Secteurs en route vers les Unités Pastorales !

Rencontre en deux groupes les 4 et 5 juin.

Grâce aux moyens modernes de plus en plus performants mis à notre portée pour communiquer, une trentaine de prêtres ont pu partager une expérience ecclésiale nouvelle et porteuse.

Après l’arrivée virtuelle progressive des invités et le moment joyeux de « mettre un visage sur un nom » à plusieurs reprises, chacun s’est présenté et a pu partager ce qu’il avait vécu durant le confinement, son état d’esprit actuel. Un temps de prière commune a permis ensuite de nous unir et de nous enraciner dans Celui qui nous rassemble et nous devance.

Dans un deuxième temps, en sous-groupes, un constat sur le présent s’est articulé en quatre points : les joies vécues, les difficultés rencontrées, les initiatives menées et les défis.

Mais il aurait été dommage d’en rester là et malgré le manque de temps propre à toute réunion dynamique, un premier regard sur l’avenir a été posé ; regard sur les rêves qui nous habitent, les questions que l’on se pose et surtout, sur la dynamique pastorale qui pourrait être mise en place pour répondre à un besoin ressenti : ne pas repartir de « là où on en est resté, avant l’épisode du Covid-19 » !

De nombreuses et enrichissantes idées ont émergé. Ce qui en ressort plus particulièrement, c’est l’importance de poser des questions aux fidèles sur ce qu’ils ont vécu, sur leurs besoins et leurs attentes.  Il faut dès aujourd’hui mettre en place de nouvelles manières de vivre et de communiquer, de se retrouver et de célébrer, qui s’ajustent à nos assemblées et aux chrétiens d’aujourd’hui.

Cependant, il en ressort aussi qu’il ne faut pas oublier pour autant notre mission, l’annonce de la Bonne Nouvelle, la nécessité de révéler à chacun et chacune la présence de Dieu dans sa vie, quelles qu’en soient les circonstances.  Et la question : Comment revaloriser la place de Dieu et de l’Église de manière inventive ?

Enfin, un fil rouge émergeait de la trame de nos échanges : l’Homme n’est décidément pas fait pour vivre seul ; il serait bon de multiplier et d’inventer des liens de fraternité. Et, quand on y réfléchit, de petites initiatives ça-et-là ne demandent guère de temps, d’énergie et de génie. Juste des petits moments de vie et de bonheur, partagés.

Bonne rentrée pastorale à chacun !

Les prêtres responsables des unités pastorales partagent leur expérience

Le confinement peut être un temps précieux pour inventer, faire place à l’inédit. Ainsi, en utilisant les nouvelles technologies, l’équipe diocésaine du Chantier Paroissial a relevé le défi de rassembler les 20 prêtres responsables des unités pastorales fondées dans le diocèse. Ce fut une belle expérience d’Eglise pleine d’enthousiasme, même si bien sûr tous aspirent à se rencontrer « en vrai » !

L’objectif premier était de rejoindre chacun au cœur de sa situation de confiné tant dans ses joies et ses espoirs que dans les difficultés rencontrées, peut-être même ses peurs… Le diocèse est grand et tous ne se connaissent pas. Un tour de présentation a donné l’occasion à chacun de dire quelques mots sur lui-même et l’unité pastorale qui lui est confiée. Ensuite, un travail en petits groupes de quatre a permis un partage d’expérience en soulignant les grâces vécues et les priorités que se sont données les unités pastorales pendant ce temps de confinement.

Enfin, en assemblée, une réflexion sur l’avenir a été engagée autour des questions suivantes : « De quoi avons-nous besoin pour avancer ? Qu’est-ce qui nous paraît prioritaire pour aborder la sortie du confinement ? »

Deux heures de rencontre, de travail et de partage qui ont paru bien trop courtes. Tous se sont quittés non sans se fixer un nouveau rendez-vous. D’ici-là, chacun a reçu mission d’aborder ces enjeux avec son équipe pastorale afin de susciter ensemble une nouvelle dynamique pour la mission de l’Eglise !