Au sortir de la crise occasionnée par le Covid, vivre la mission de l’Église aujourd’hui et demain

Enquête dans le diocèse de Namur

Dans sa lettre pastorale Duc in Altum, Monseigneur Warin nous invite à réfléchir à l’avenir des communautés chrétiennes. Afin de construire des communautés signes dans le monde d’aujourd’hui, nous proposons une démarche synodale en vue de programmer au mieux l’année pastorale à venir. Tous, prêtres, diacres, assistants paroissiaux, équipes pastorales, services et autres acteurs pastoraux sont invités à réfléchir ensemble. Les réponses aux questions proposées seront un support précieux pour faire le point et partager des idées répondant à notre mission : « Seigneur, qu’attends-Tu de nous aujourd’hui ? »

Monseigneur Warin, le Conseil Épiscopal et l’équipe diocésaine du Chantier

Concrètement, vous êtes invités à vous rassembler localement, prêtres et laïcs,  et à répondre au questionnaire ci-dessous, au plus tard pour le 30 juin. Le fruit de ce travail sera partagé avec tous en vue de renouveler notre élan

Petite présentation de l’équipe :

Nombre de participants : ………….

Lieu (doyenné, UP, secteur, paroisse, service…) : ………………………………………………………………………….……………

Questionnaire :

  1. Questions de fond

I.1 Soulignez 2 idées maîtresses que vous retirez de la période vécue.

I.2 Identifiez 2 fruits qui vous paraissent majeurs pour la société et pour l’Eglise au sortir de la pandémie.

I.3. Identifiez 2 défis qui vous paraissent majeurs pour la société et pour l’Eglise au sortir de la pandémie

2. Question concrète :

Partagez 2 initiatives créatives et audacieuses que vous avez expérimentées avec fruit, porteuses d’avenir. Décrivez-les.

3. Pour avancer :

III.1. Citez une activité, une habitude que l’on pourrait abandonner.

III.2. Quels sont, pour vous, les 2 besoins principaux pour vivre chez vous la Mission de l’Église ?

Merci de renvoyer vos réponses

Unités pastorales et tourisme

Photo de Pixabay sur Pexels.com

Julien Thiry est membre de l’équipe Chantier du secteur pastoral de Barvaux. En charge de la dimension du tourisme dans son secteur, Julien relève quelques priorités qui peuvent inspirer d’autres unités pastorales, notamment lors du choix des orientations prioritaires.

Un premier constat : dans nos régions touristiques, il y a des visiteurs dans nos églises, phénomène inverse de ce que l’on a l’habitude de voir. Alors que, bien souvent, lorsque nous organisons en Eglise quelque chose, on cherche comment attirer les gens, les touristes, eux, sont là ! Ils viennent à nous. Attention, puisqu’ils viennent à nous, on pourrait avoir tendance à rester dans nos églises. Or il est fondamental que nous sortions, que nous allions aux périphéries comme le rappelle sans cesse le Pape François.

Cette synergie entre les visiteurs qui arrivent et nous qui sortons demande une rencontre ! Et pour qu’il y ait rencontre, il faut se connaître. Qui sont ces visiteurs ? Nous intéressons-nous à eux, pour savoir qui ils sont ? D’où ils viennent ? Soyons attentifs et accueillants.  Par exemple, en prévoyant des traductions, ou mieux en sachant dire un petit mot dans leur langue. Un bel accueil aussi si nous prévoyons un thermos de café, quelques gobelets… dans le fond de l’église.

Voilà donc un deuxième aspect : nos églises sont-elles ouvertes ?  C’est essentiel, même si cela demande un gros travail préparatoire : inventaire, sécurité, … Mais d’abord et surtout une présence, essentielle pour qu’une vraie rencontre se vive !

Dans l’histoire, l’église est lieu d’accueil, d’abri et de refuge même. Or elle est devenue lieu de la seule communauté chrétienne… Parfois même il est difficile pour certains chrétiens de laisser la place à d’autres. Ailleurs, les églises accueillent par exemple en été des étudiants en blocus. Aux équipes pastorales de prendre l’initiative, de proposer des formules nouvelles…  Comment impliquer la communauté chrétienne dans ce chemin ? En créant des liens, elle va s’enrichir !

Que va-t-on proposer aux visiteurs ? Prévoit-on de la musique ? Mettra-t-on l’accent sur telle ou telle statue, tel détail architectural ? L’aspect patrimonial, les œuvres d’art, l’architecture sont autant de domaines qui permettent de faire intervenir d’autres personnes et de mettre en place des petites collaborations. Par exemple, la commune de Barvaux souhaitait organiser des ‘randonnailles’ : les visites d’églises pouvaient s’inscrire dans le projet, et une synergie entre différents acteurs (commune, cercles historiques locaux, initiatives locales même privées…) était nécessaire.  On pourra aussi nouer des contacts et travailler avec le secteur touristique, l’Horeca, le Cipar… chacun avec ses spécificités.

D’autres questions se posent aussi : les seconds résidents, et par ailleurs des ‘nouveaux résidents’ dans nombre de campings dans nos deux provinces avec une paupérisation certaine. Comment les rejoindre ? Comment leur proposer quelque chose chez eux d’abord ? De nombreux défis devant nous !

Julien Thiry

Un an de pandémie dans l’Unité Pastorale Manhay – Saint-François

Voilà presque un an que nos vies sont chamboulées par la crise sanitaire. Nous avons dû réinventer notre façon de vivre. Nos relations sont changées et nous devons également être inventifs pour garder le contact avec ceux que nous aimons. Vous l’avez remarqué, la vie pastorale a été rudement touchée pour les mesures sanitaires : suspension des offices avec assemblée, arrêt des visites à domicile, mise sur pause des catéchismes et autres activités paroissiales, etc.

Après une dizaine de jours d’arrêt, l’unité pastorale « Manhay – Saint-François » a entamé une profonde réflexion. Comment rejoindre nos paroissiens qui sont à domicile ?

Nous disposons de réseaux de communication : page facebook et site internet. Cela est une évidence, nous devons les utiliser car c’est le seul moyen de rejoindre une petite partie de nos paroissiens. L’équipe pastorale commence par la diffusion des messes dominicales et de fêtes.  A notre grande surprise, il y a une réponse positive des paroissiens connectés. Félicitations, soutiens et encouragements nous parviennent afin de continuer cette présence virtuelle. Nous touchons un nouveau public, des personnes plus éloignées de l’Eglise. Un noyau se constitue pour porter la prière de tous ceux qui ne peuvent être présents.

Très vite, les mesures sont prolongées. Nous souhaitons continuer notre présence et la rendre plus visible. Dans le respect des réglementations, un groupe de quelques choristes et musiciens de l’unité pastorale se met en place grâce à l’initiative d’une jeune musicienne. L’objectif : apporter de la chaleur et du réconfort grâce à la musique. Enregistrements musicaux, capsules vidéo sont réalisés et diffusés sur le web.

Malheureusement, les chiffres de contamination ne sont pas bons. Entre les assemblées restreintes et les nouvelles suspensions des offices, nous sommes invités à devoir continuer notre présence virtuelle. Nous célébrons les grandes fêtes de l’Eglise confinés. Semaine Sainte, Pâques, Toussaint, Noël sont célébrés à huis-clos. L’équipe pastorale met alors en place plusieurs projets afin de marquer, de manière visible, ces grandes fêtes dans les villages de l’unité pastorale. A Pâques, chaque porte extérieure des églises a été décorée abondamment de fleurs et nous avons invité les paroissiens à déposer des bougies sur le seuil de leur maison. A Noël, une balade des crèches a été organisée. Près de 50 villageois ont exposé une crèche devant chez eux. Un calendrier de l’Avent 2.0 a été mis sur pied. Chaque jour, une musique, un chant, un conte a été publié pour nous préparer à la fête de la Nativité. D’autres activités ont été réalisées pour maintenir le contact. On ne saurait pas toutes les citer.

Cette crise nous rappelle combien nous sommes des êtres relationnels. Derrière ces initiatives « virtuelles », nous sommes conscients que beaucoup de personnes n’ont pas accès aux médias sociaux et à internet. Ils restent privés de ce lien avec l’Eglise locale. Coup de téléphone, courte visite (dans le respect des mesures sanitaires) sont organisés. Mais cela reste faible … Cette coupure nous fait prendre conscience que la Foi est une grâce qui se vit essentiellement ensemble et non individuellement. Nous espérons, très vite, pouvoir célébrer dans nos églises, lieux de rencontres et de communions.

Thomas EHLEN,

membre de l’E.A.P. de l’unité pastorale « Manhay – Saint-François »

La journée diocésaine reportée

A vos agendas !

La journée diocésaine, prévue le 20 mars, est reportée au samedi 25 septembre.

Le Père Christoph Theobald nous accompagnera et nous fera réfléchir sur le thème :

S’asseoir, discerner… pour une conversion missionnaire

Temps de confinement et émergence des charismes

En octobre dernier, le Cardinal de Curie d’origine maltaise, Mario Grech, donnait une interview ( Interview du Cardinal Grech par A. Spadaro sj et S. Sereni, 23/10/2020) sur les conséquences de la pandémie dans la vie de l’Église. Ses propos invitent à poser le regard sur les charismes qui ont émergé et émergent encore à la faveur de ce temps de crise.

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L’année 2020 restera à jamais marquée dans les mémoires. La pandémie a forcé le monde entier à s’arrêter. Pour certains, l’impossibilité de se rassembler pour célébrer l’eucharistie interrompt toute vie d’Église. Dans une interview, le Cardinal Grech, secrétaire général du Synode des Évêques, a invité chacun à s’arrêter un moment et à réfléchir. Pour lui, la crise que nous vivons est, sans doute, une opportunité pour l’Église. 

La fidélité du disciple à Jésus ne peut être compromise par l’absence temporaire de liturgies. « Dans la situation qui a empêché la célébration des sacrements, nous n’avons pas compris qu’il y avait d’autres manières de faire l’expérience de Dieu. » affirme le cardinal.

Un défi se dessine pour l’Église : découvrir une manière nouvelle d’être, de parler et de s’engager qui réponde au besoin d’un service évangélique total pour le monde. Le confinement nous oblige à ouvrir les yeux sur la réalité que nous vivons, dans le monde comme dans nos églises. Comment réapprendre à nous convertir nous-mêmes, comme nous y invite le Pape François ? Comment être plus conscients de cette fraternité universelle fondamentale ?

S’il est indéniable que l’Eucharistie est le sommet et la source de la vie même de l’Église et des fidèles, écouter et célébrer la Parole de Dieu, expérimenter la diaconie sont aussi des chemins sûrs pour réaliser cette conversion pastorale. La meilleure façon de faire l’expérience de l’amour chrétien est le ministère du service. Pendant ce temps de pandémie, nous avons été témoins d’une compassion et d’une solidarité généreuses et renouvelées. La fraction du pain eucharistique et de la Parole ne peut se faire sans rompre le pain avec ceux qui n’en ont pas. La diaconie est une dimension constitutive de l’être de l’Église et de sa mission.

Pendant le confinement, la créativité s’est déployée d’une manière exceptionnelle. Au cœur des unités pastorales et des paroisses, des charismes cachés ont émergé dans les équipes, les familles, ou même chez des personnes apparemment loin des communautés…

Mais qu’est-ce qu’un charisme ? Le Père Christoph Theobald, qui animera la 10ème journée diocésaine à l’automne prochain, précise que c’est à la fois le don qui est fait à quelqu’un et la personne elle-même ! A chacun, l’Esprit-Saint donne librement ce qu’il veut, non pour notre propre gloriole mais pour la croissance de la communauté et de chacun de ses membres. Tout charisme apporte quelque chose de neuf en vue du bien commun. Lorsqu’il déploie l’image du corps, l’apôtre Paul fait comprendre que même les charismes les plus modestes sont importants. Plus que jamais, les pasteurs et les équipes pastorales devront s’atteler à la tâche essentielle de discernement et de reconnaissance des charismes car ils ouvrent des horizons d’espérance !

L’équipe diocésaine du Chantier Paroissial