Mettre en route un Conseil Pastoral dans une unité pastorale ou un secteur

Le Conseil Pastoral est le lieu privilégié pour donner la parole au plus grand nombre, discerner les appels de l’Esprit-Saint et construire une fraternité chrétienne signifiante. Comment mettre en route dans nos unités pastorales et secteurs cet organe de la synodalité ?

Caisse de résonance des différentes paroisses et des réalités pastorales transversales, le Conseil Pastoral[1] sert la dimension synodale de l’Église. Sa mission est de favoriser une communion dynamique, ouverte et missionnaire, au bénéfice de tous ceux qui nous entourent. 

Comment constituer ce Conseil pour qu’il puisse répondre au mieux à sa mission ? Il y a plusieurs façons de faire. L’essentiel est de se rappeler qu’au sein du Conseil, chacun siège au titre de la représentation : par exemple, le délégué de l’Équipe de Proximité de tel village siégera au nom de toute l’équipe pour représenter ce village, le délégué des chorales représentera l’ensemble des chorales et pas seulement sa chorale … . Il faut donc favoriser absolument cette dimension de représentation dans la manière de choisir les membres du Conseil : ceux-ci seront représentants des différentes paroisses (équipes de proximité, équipes paroissiales…), mais aussi représentants des réalités transversales qui existent sur le territoire de l’unité pastorale ou du secteur : catéchèse, chorales, œuvres paroissiales, fabriques d’églises, visiteurs de malades, équipes liturgiques, Saint-Vincent de Paul, mouvements de jeunesse, écoles, maisons de repos, communautés religieuses, … .

Chacun sera donc présent au titre d’une réalité particulière : il amènera au Conseil le vécu de cette réalité et fera écho auprès de celle-ci du travail réalisé en Conseil.

Concrètement, l’équipe pastorale (ou le prêtre avec quelques personnes engagées) pourra par exemple organiser une rencontre en invitant largement[2].  Ensemble, les participants seront appelés à rêver ce qu’ils souhaitent pour l’Église chez eux. Après avoir découvert la mission du Conseil, chacun recevra une liste des paroisses et réalités transversales et sera invité à noter le nom de personnes qu’il verrait bien représenter chaque paroisse ou réalité. Le prêtre rencontrera alors les personnes les plus souvent citées et les appellera à devenir membres du nouveau Conseil Pastoral.

La phase diocésaine du Synode est une opportunité réelle pour entreprendre dès maintenant ce chemin,  pour apprendre à marcher ensemble !


[1] Le Conseil Pastoral, fascicule du Chantier  Paroissial (www.chantierparoissial.be)

[2] L’invitation la plus efficace est toujours celle que l’on adresse personnellement, en face à face. Les différents médias paroissiaux ne suffisent pas.

SYNODE ET CONSEIL PASTORAL

L’Eglise prend la route d’une manière inédite pour faire l’expérience de ce que Dieu attend d’elle en ce 3ème millénaire. Marcher ensemble, n’est-ce pas aussi le style de vie auquel sont appelés nos unités pastorales et secteurs ? Revivifier ou mettre en place un Conseil Pastoral est un appel pour aujourd’hui ! C’est le lieu privilégié pour donner la parole au plus grand nombre, discerner les appels de l’Esprit-Saint et construire une fraternité chrétienne signifiante.

Le Conseil Pastoral[1] sert la dimension synodale de l’Unité Pastorale, c’est-à-dire notre capacité à vivre ensemble. ‘Pour “ marcher  ensemble ”, il est nécessaire que  nous laissions l’Esprit  forger en nous  une mentalité vraiment synodale, en entrant avec courage et avec une liberté de cœur dans un processus de conversion’[2].

Pourquoi un Conseil Pastoral au niveau local ? L’Eglise se trouve aujourd’hui devant des défis nouveaux pour répondre à sa mission : annoncer l’Evangile. La manière de faire Église ne cesse d’être interrogée par ces bouleversements en profondeur. Il est clair que la vie de l’Église et sa mission chez nous ne peuvent plus s’envisager sans la participation de tous les baptisés au devenir de leurs communautés.

Sur le territoire des UP, les lieux d’Église sont multiples. Équipes, mouvements, paroisses, lieux de ressourcement, associations, tant de réalités qui permettent à chacun, quelle que soit sa sensibilité, de rencontrer le Christ. On prend donc conscience de l’importance, voire de la nécessité, d’un lieu d’intégration de ces différentes réalités : espace d’échange, de concertation et de réflexion. Ce lieu permet à la communauté d’ajuster ses priorités et ses pratiques pour répondre à la question fondamentale : « Qu’attends-tu de nous aujourd’hui ici, Seigneur ? Que faut-il faire pour bien agir, selon l’Évangile ? » C’est la question du discernement ! Et nous ne sommes pas sans ressources : marqué par l’Esprit, chacun de nous dispose d’une sorte de flair, d’intuition qui l’éclaire sur ce qu’il est bon de penser et de faire lorsqu’il se concerte avec d’autres en Église. La mise en commun de nos intelligences et de ce que l’Esprit souffle en nos cœurs nous donnera de découvrir la façon la plus adaptée de répondre à la mission que le Seigneur nous confie comme communauté locale. Le Conseil Pastoral se fera l’écho de ce que vivent les hommes et les femmes de ce temps. A la lumière de la Parole de Dieu, il déterminera les orientations pastorales, élaborera des projets concrets (à court terme) et évaluera le travail accompli.

Caisse de résonance des différentes paroisses et réalités pastorales, le Conseil Pastoral sert la mission de favoriser une communion dynamique, ouverte et missionnaire, au bénéfice de tous ceux qui nous entourent.  

L’équipe diocésaine du Chantier Paroissial


[1] Le Conseil Pastoral – fascicule du Chantier Paroissial – 2015

[2] Document préparatoire du Synode, p.12

La parole aux diocésains après le confinement

Clip art Enquête - libre de droits - GoGraph

Comme l’évoquaient les Communications de septembre, vous avez été nombreux à répondre à l’enquête lancée en juin par le diocèse. Merci à tous ceux qui ont participé. Il n’est pas possible de livrer tous les résultats dans cet article. Néanmoins, en voici un avant-goût. Une synthèse plus complète des résultats de l’enquête sera accessible sous peu sur le site du diocèse.

Le confinement a été une rude épreuve marquée par la peur, l’incertitude, l’absence de contacts physiques, la réduction des relations. Un certain nombre regrette le silence des responsables de l’Église et le manque d’intérêt des politiques à l’égard des cultes, souvent vécus comme une blessure. Par contre, manques et restrictions ont permis des (re)découvertes, révélé l’importance du lien social, suscité de nombreux sujets de réflexion, occasionné une prise de conscience des formes multiples de fragilité. Un enjeu majeur a été de maintenir le lien, de favoriser la communication. Beaucoup soulignent la capacité d’adaptation et de résilience. Certains ont profité de ce temps pour revoir leurs priorités et leurs valeurs, pour s’ancrer davantage en Dieu, résolument dans l’espérance.

Les communautés chrétiennes ont mesuré combien l‘action pastorale dépasse la seule liturgie.  De là résonnent bien des appels : mettre davantage en avant le message évangélique, varier les propositions de célébrations et de rencontres ; en toutes choses, donner du sens, toujours mettre l’humain au centre, ne jamais négliger l’écoute. Il ressort également le besoin vital de proximité et singulièrement d’une attention particulière aux situations de solitude et de fragilité. Il importe de se révéler plus créatifs et audacieux pour aller à la rencontre des gens, permettre la joie de se retrouver, promouvoir une vie vraiment communautaire et solidaire.

Ce temps a été l’occasion pour beaucoup de s’approprier les nouvelles technologies et d’en user avec bonheur. Cependant il ne faut pas négliger les victimes de la fracture numérique.

Des questions demeurent, voire ont pris plus d’acuité : décloisonner les communautés, abandonner le mauvais esprit de clocher, sortir de la routine, questionner les habitudes, revisiter les rites, … . Certains insistent sur l’urgence de sortir de la peur et de se remotiver. Des moyens pour redynamiser nos communautés sont évoqués : favoriser des pistes pastorales accessibles, détecter les talents, appeler, responsabiliser, encourager, travailler ensemble, proposer des formations, favoriser et diversifier des lieux de parole.

Des mots reviennent régulièrement : PARTICIPATION, CRÉATIVITÉ, SOLIDARITÉ, PROXIMITÉ et INTÉRIORITÉ. Un fil conducteur ressort : quitter une mentalité qui s’enferme dans ses habitudes pour s’ouvrir ensemble à la nouveauté avec confiance.

Encore une fois merci à tous ceux qui ont participé, aux équipes et groupes qui se sont mobilisés !

S’ASSEOIR, DISCERNER… POUR UNE CONVERSION MISSIONNAIRE

Superbe journée ce samedi 25 septembre à Beauraing ! 190 personnes heureuses de vivre ensemble cette rentrée pastorale… Et le Père Theobald, intervenant de qualité, qui a aidé chacun à rêver l’Église… à devenir des sourciers, chercheurs et découvreurs des charismes dans nos communautés.

Des échos plus complets seront publiés, mais dès à présent, voici un accès aux deux conférences du Père Theobald :

I. Les conditions pour une conversion missionnaire : s’asseoir et
discerner les charisme
s

II. La conversion missionnaire

Unités pastorales et tourisme

Photo de Pixabay sur Pexels.com

Julien Thiry est membre de l’équipe Chantier du secteur pastoral de Barvaux. En charge de la dimension du tourisme dans son secteur, Julien relève quelques priorités qui peuvent inspirer d’autres unités pastorales, notamment lors du choix des orientations prioritaires.

Un premier constat : dans nos régions touristiques, il y a des visiteurs dans nos églises, phénomène inverse de ce que l’on a l’habitude de voir. Alors que, bien souvent, lorsque nous organisons en Eglise quelque chose, on cherche comment attirer les gens, les touristes, eux, sont là ! Ils viennent à nous. Attention, puisqu’ils viennent à nous, on pourrait avoir tendance à rester dans nos églises. Or il est fondamental que nous sortions, que nous allions aux périphéries comme le rappelle sans cesse le Pape François.

Cette synergie entre les visiteurs qui arrivent et nous qui sortons demande une rencontre ! Et pour qu’il y ait rencontre, il faut se connaître. Qui sont ces visiteurs ? Nous intéressons-nous à eux, pour savoir qui ils sont ? D’où ils viennent ? Soyons attentifs et accueillants.  Par exemple, en prévoyant des traductions, ou mieux en sachant dire un petit mot dans leur langue. Un bel accueil aussi si nous prévoyons un thermos de café, quelques gobelets… dans le fond de l’église.

Voilà donc un deuxième aspect : nos églises sont-elles ouvertes ?  C’est essentiel, même si cela demande un gros travail préparatoire : inventaire, sécurité, … Mais d’abord et surtout une présence, essentielle pour qu’une vraie rencontre se vive !

Dans l’histoire, l’église est lieu d’accueil, d’abri et de refuge même. Or elle est devenue lieu de la seule communauté chrétienne… Parfois même il est difficile pour certains chrétiens de laisser la place à d’autres. Ailleurs, les églises accueillent par exemple en été des étudiants en blocus. Aux équipes pastorales de prendre l’initiative, de proposer des formules nouvelles…  Comment impliquer la communauté chrétienne dans ce chemin ? En créant des liens, elle va s’enrichir !

Que va-t-on proposer aux visiteurs ? Prévoit-on de la musique ? Mettra-t-on l’accent sur telle ou telle statue, tel détail architectural ? L’aspect patrimonial, les œuvres d’art, l’architecture sont autant de domaines qui permettent de faire intervenir d’autres personnes et de mettre en place des petites collaborations. Par exemple, la commune de Barvaux souhaitait organiser des ‘randonnailles’ : les visites d’églises pouvaient s’inscrire dans le projet, et une synergie entre différents acteurs (commune, cercles historiques locaux, initiatives locales même privées…) était nécessaire.  On pourra aussi nouer des contacts et travailler avec le secteur touristique, l’Horeca, le Cipar… chacun avec ses spécificités.

D’autres questions se posent aussi : les seconds résidents, et par ailleurs des ‘nouveaux résidents’ dans nombre de campings dans nos deux provinces avec une paupérisation certaine. Comment les rejoindre ? Comment leur proposer quelque chose chez eux d’abord ? De nombreux défis devant nous !

Julien Thiry